L’Événementiel

TARN & GARONNE – SALON PLEIN CHAMPS. IL PRÉPARE UN SPECTACLE PHOTOGRAPHIQUE POUR LE 4 SEPTEMBRE À CAZES-MONDENARD.

Un arc-en-ciel dans l’azur de Saint-Urcisse, un melon du Quercy joufflu, qui sue son sucre par tous les pores de la peau, un ballet de jets d’eau qui s’agitent comme des derviches tourneurs dans un verger, la lavande de Belmontet, un jour de grêle funeste à La Mégère la bien nommée…

«Paysages de paysans». C’est l’intitulé d’un spectacle photographique que prépare Bernard Tauran pour le salon Plein champs (3, 4 et 5 septembre).

Le photographe animalier, par ailleurs concepteur des Nuits de Lauzerte (6 et 7 août prochains), a été chargé de proposer une animation sur le stade de Cazes-Mondenard pour la soirée du samedi 4 septembre.

Sur un écran de 6 mètres de hauteur et de 35 mètres de long composé de quelque 800 palox cachés par une toile, il va projeter 1 200 clichés pris dans la région au rythme des saisons : «Avant d’être photographe professionnel, en 1980, j’ai travaillé dans la ferme familiale pendant dix ans. Je suis attaché au monde rural. Les organisateurs de Plein champs m’ont donné quartier libre. Ils m’ont simplement demandé d’évoquer les productions importantes comme le chasselas et le melon du Quercy. Le spectacle ne sera pas avant-gardiste et il n’y aura pas d’aberration. Je ne vais pas faire fleurir du colza en août… »

Armé de son boîtier 24X36 argentique, le photographe a sillonné le Quercy sur un rayon d’une trentaine de kilomètres : «J’ai travaillé au rythme des saisons mois par mois. J’ai voulu montrer le monde rural de façon esthétique et réaliste. C’est fou ce que les paysages changent en fonction des saisons. Ici, il y a du nouveau tous les quinze jours. L’hiver dernier, j’ai eu la chance d’avoir de la neige, mais la séquence de décembre ne dépasse pas les trois minutes alors que celle de septembre dure huit minutes.»

«une expérience unique»

Entamées en septembre dernier, les prises de vue ont pris fin en février. Sur une matière première de quelque 6 000 clichés, Bernard Tauran a taillé dans le vif pour n’en retenir que 1 200 : «J’ai terminé la première partie du montage jusqu’au mois de juin. En parallèle, Antoine Carriat, qui travaille sur le spectacle «Au fil de l’eau», prépare la musique. Chaque mois, il y aura un morceau différent, ainsi qu’un texte d’introduction écrit par ma femme, Bernadette Tauran.

Avec la préparation des Nuits de Lauzerte, je n’aurai pas une journée de repos avant septembre… » Mais cet épris de Dame Nature est trop passionné par le spectacle qu’il prépare pour se plaindre : «C’est une expérience unique. Habituellement, je travaille avec quatre projecteurs. À Cazes, il y en aura huit. Techniquement, c’est très pointu. Sept images pourront être projetées en même temps, ce qui représente 245 millimètres. Au cinéma, les images sont généralement calibrées sur du 35 millimètres.» Presque du Jean-Michel Jarre…